Depuis sept mois, tu menaces et tu assassines dans la rue et tu violes dans arrière-salles des prisons. Depuis sept mois, tu mords les gens et tu leur inculques la peur d’être mordus. Depuis sept mois, tu censures. Depuis sept mois, tu traites les gens de mercenaires des puissances étrangères. Depuis sept mois, tu utilises Photoshop pour en faire accroire à tes admirateurs dans la rue pendant tes visites. Néanmoins, toutes tes menaces n’ont pas réussi à dissuader le peuple ; en fait, elles ont joué un rôle de catalyseur pour dépeindre l’illégitimité du régime.
Regarde ces sept derniers mois. Toutes tes menaces, tes meurtres, tes viols et tes arrestations ont eu un résultat : le peuple ne demande plus qu’on lui rende ses votes, il exige la mort du Velâyat (le commandant absolu et gardien des lois religieuses, un pouvoir apprécié par l’Ayatollah Khamenei). Ce qui a commencé par une manifestation silencieuse (le 25 juin) a poussé le peuple à conquérir la ville et à contraindre tes mercenaires à la fuite (le 27 décembre). Le résultat de tes ordres malavisés, c’est d’enflammer la colère et la répugnance d’une nation.
Récemment, tu as utilisé le souvenir de deux chefs précédents (l’Ayatollah Khomeiny) et l’Imam Hossein (dans l’Islam Chiite, l’Imam Hossein est le troisième saint dans la succession du Prophète Mahomet) pour recueillir des soutiens parce que tu sais que le Yazid de notre époque ne peut même pas rassembler quelques milliers de partisans dans la rue en les payant de jus de fruit.
As-tu vu ce qui s’est passé à Qom (le jour de l’enterrement de l’Ayatollah Montazéri) ? C’est bien la ville de « l’insurrection et du sang » dont tu as tenté depuis 31 ans de faire ta propre arène privée. Tu as nommé tes alliés à la tête des séminaires religieux et emprisonné ceux que le peuple aimait. Je me demande si tu te rends compte que tes refuges sûrs et privés ont craqué sous les pieds rugissants du peuple, même Qom n’est plus sûr pour toi.
Tu as permis le bain de sang le jour de l’Ashoura* (le 27 décembre), et Yazid ressemble désormais à un saint, lui au moins ne s’est pas attaqué aux femmes de l’armée d’Hossein.
Quel bénéfice tires-tu de tous ces crimes ? As-tu effrayé les manifestants par ton pouvoir ? Ont-ils perdu leurs soutiens ? Se sont-ils caché par peur des représailles ? Ou, au contraire, ont-ils écrasé ton armée de Yazid ?
Vous, les organisateurs du coup d’état, alors que votre effondrement est devenu si inévitable que de grands débats ont lieu sur la façon dont le Guide devrait exporter toute la richesse du pays, essayez-vous encore de mettre en scène un simulacre ridicule de légitimité ? Admettons que tu aies pu attirer un petit groupe de gens dans la rue en leur promettant du jus de fruit, une rétribution financière et un prêt. Admettons que tu aies déclaré que la nuit était vide de tes appareils de propagande et de duperie. Espères-tu vraiment que le peuple, témoin des meurtres de ses compatriotes perpétrés par tes mains, dont les enfants ont été martyrisés, dont les congénères ont été violés dans les arrière-salles de la prison de Kahrizak va échanger la vérité pour ton spectacle minable ?
Le Shah a également mis en scène une manifestation progouvernementale en promettant du jus de fruit ! Il a également dit une fois que le peuple le soutenait. Il a dit qu’il écraserait les mercenaires à la solde des puissances étrangères. As-tu vu son destin et comment il a erré, au moins savait-il où aller ! Où irais-tu, la Russie ou la Syrie ? La même Russie qui t’a trahi plusieurs fois durant ton règne. La Russie t’a fait chanter et t’a abandonné, même la Syrie n’est plus de ton côté.
Voici quelques mots pour les mercenaires à la solde des dirigeants du coup d’état qui ont osé poignarder les étudiants au cou en plein jour : vos dirigeants se sont rempli les poches des millions de dollars volés à la nation et vous en ont jeté les miettes
Ne crois pas que, comme lors de la révolution de 1979, quand on oubliait et laissait en paix les partisans de l’ancien régime qui s’étaient laissé pousser la barbe, tu pourrais d’un seul coup te changer en faux vert après la chute du régime. La nation possède un dossier sur chacun de vous afin de vous attaquer en justice, tous, autant que vous êtes. Plus tu commets de violence, plus les charges contre toi seront lourdes et plus lourd le châtiment.
La vérité, c’est que ce qui s’est passé à Karbâlâ au jour de l’Ashoura au VII° siècle ne se répètera pas. Nous sommes in Iran, pas à Koufah (la ville qui avait promis de soutenir Hossein mais s’était jointe à l’armée levée contre lui). Cette grande nation n’a pas peur de ton équipement militaire. Cette nation, c’est une génération élevée au cœur même de la guerre, un cadeau que tu lui as fait ! Ce sont les mêmes qui se sont glissés sous les tanks ennemis le corps entouré d’une ceinture de grenades afin que Saddam et son armée n’accapare pas ce pays. Tu peux être sûr que ces enfants de la guerre transformeront ton arsenal guerrier en tas de ferraille que l’on remisera dans un musée illustrant tes crimes. Ce sera une leçon pour démontrer que les Iraniens ne sont pas les citoyens de Koufah qui se sont alignés derrière Yazid.
* L’Ashoura est l’anniversaire du jour où l’armée du Calife Yazid a combattu et tué l’Imam Hossein qu VII° siècle. L’Ashoura a lieu pendant le mois de Moharram où verser le sang est interdit et péché capital.



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